Sur quelles sortes de pain réciter la bénédiction. Dix-sept seifim.
Langue: FR · Rite / tradition: Maran / Rema — aucun rite liturgique attribué
Source: Maginei Eretz: Shulchan Aruch Orach Chaim, Lemberg, 1893
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168:1 · Proposition
Maran : Si l’on a devant soi des morceaux de pain et un pain entier, tous de la même espèce, on récite la bénédiction sur le pain entier, même s’il est petit et fait de farine peu raffinée — incise de la source : pain qui n’est pas fin —, alors que les morceaux sont grands et faits de pain fin. Mais si le pain entier est d’orge et les morceaux de blé, on place le morceau, même petit, sous le pain entier et l’on rompt des deux ensemble. Rema : Tout cela concerne celui qui veut manger des deux. S’il ne veut manger que de l’un, il rompt celui-là, sans tenir compte de l’autre, même si ce dernier a plus d’importance ou lui est plus cher [Teroumat HaDéchen, §32].
168:2 · Proposition
Maran : Si l’on a deux pains entiers de la même espèce, l’un grand et l’autre petit, on récite la bénédiction sur le grand. Si l’on a deux demi-pains sans pain entier, on les réunira au moyen d’un morceau de bois ou d’un autre objet, de manière que la jonction ne soit pas visible ; l’ensemble a alors le statut d’un pain entier. On peut les réunir même le Chabbat.
168:3 · Proposition
Maran : Lorsque deux petits pains ont cuit collés l’un à l’autre, qu’un morceau a été coupé de l’un et que le second est resté entier, il vaut mieux détacher du pain entier la partie qui lui reste collée, afin qu’il paraisse entier, plutôt que de la laisser attachée, même si l’ensemble paraît ainsi plus grand. Rema : On ne rompra pas ce pain à l’endroit où il était attaché à l’autre, car il y paraît coupé, mais à un endroit où il est entier [Maharil].
168:4 · Proposition
Maran : Entre un pain d’orge et un pain d’épeautre, on récite la bénédiction sur celui d’orge, puisqu’il appartient aux sept espèces, même si l’épeautre est de meilleure qualité. Entre un pain fin et un pain de farine peu raffinée, on récite la bénédiction sur le pain fin. Si les deux sont fins mais que l’un est plus blanc, on la récite sur le plus blanc.
168:5 · Proposition
Maran : Si l’on a un pain fin de non-Juif et un pain de Juif fait de farine peu raffinée, celui qui ne s’abstient pas du pain des non-Juifs récite la bénédiction sur celui des deux qu’il veut. Celui qui s’en abstient retire de la table le pain fin du non-Juif jusqu’après Hamotsi. Si le maître de maison ne s’abstient pas du pain des non-Juifs et entend ne manger, pendant tout le repas, que ce pain, parce qu’il est fin, tandis que les membres de sa maison mangeront le pain moins fin du Juif, et que les deux pains sont sur la table, il doit rompre le pain fin du non-Juif : c’est lui qui rompt le pain et il n’entend manger que celui-là. Si le maître de maison s’abstient du pain des non-Juifs, mais qu’un Juif qui ne s’en abstient pas est attablé avec lui, puisque la mitsva de rompre le pain incombe au maître de maison, celui-ci rompra le meilleur pain, celui du non-Juif. Dès lors qu’il lui est permis de le rompre, il lui est permis d’en manger pendant tout le repas. Rema : Cela vaut précisément lorsque ce pain lui est cher ; s’il ne lui est pas cher, indépendamment de l’interdiction du pain des non-Juifs, il n’est pas nécessaire de lui donner priorité [Teroumat HaDéchen, §32].
168:6 · Proposition
Maran : Sur la pat haba’a bekhisnin, on récite « Boré miné mezonot » avant de manger et une bénédiction résumant les trois après. Si l’on en mange une quantité dont les autres ont l’habitude de faire un repas, même si l’on n’en est pas soi-même rassasié, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone. Si l’on avait d’abord l’intention d’en manger peu et que l’on a récité « Boré miné mezonot », puis que l’on en a mangé une quantité dont les autres font un repas, on récitera le Birkat Hamazone, bien que l’on n’ait pas récité Hamotsi au début. Si l’on en mange une quantité dont les autres ne font pas un repas, même si l’on en fait personnellement son repas, on ne récite que « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois : l’appréciation individuelle s’efface devant celle de l’ensemble des gens.
168:7 · Proposition
Maran : Certains expliquent que la pat haba’a bekhisnin est un pain en forme de poches, rempli de miel ou de sucre, de noix, d’amandes et d’épices ; ces produits sont appelés « רושקלאיי״ש דיאלחש״ו » [termes de la source conservés]. D’autres disent qu’il s’agit d’une pâte à laquelle on a mêlé du miel, de l’huile, du lait ou des épices, puis que l’on a cuite au four, à condition que le goût du liquide de fruits ou des épices soit perceptible dans la pâte. Rema : Certains disent que cela est considéré comme du pain à part entière, à moins qu’il ne contienne beaucoup d’épices ou de miel, comme les douceurs appelées « lekakh », où le miel et les épices constituent presque l’essentiel ; telle est la coutume [Rachi ; Aroukh ; on peut aussi expliquer ainsi l’avis du Rambam]. Maran : D’autres expliquent qu’il s’agit d’un pain, épicé ou non, que l’on façonne en anneaux secs et que l’on croque, appelé « bichkonich » [בישקוני״ש]. La règle suit toutes ces définitions : à tous ces produits, on applique les règles énoncées pour la pat haba’a bekhisnin.
168:8 · Proposition
Maran : Parmi les petites préparations de pain, celles dont la pâte est épaisse, appelées « ouvliach » [אובליא״ש], sont du pain à part entière : on y récite Hamotsi et le Birkat Hamazone. Sur celles dont la pâte est fluide et qui sont très fines, appelées « nivlach » [ניבלא״ש], on récite « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois. Si l’on en fait son repas, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone. Si on les mange pendant le repas sans qu’elles soient consommées pour le repas lui-même, elles requièrent une bénédiction avant, mais non après. En revanche, les fines galettes sur lesquelles on met une préparation confite sont accessoires à celle-ci ; la bénédiction de cette préparation les dispense.
168:9 · Proposition
Maran : Sur du pain à part entière, même en quantité inférieure à un kezayit, on récite Hamotsi. Après en avoir mangé, on ne récite cependant aucune bénédiction tant que l’on n’en a pas mangé un kezayit.
168:10 · Proposition
Maran : La ‘havitsa désigne des morceaux de pain agglomérés par du bouillon. S’ils ont été cuits et qu’il y a des morceaux d’au moins un kezayit, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone, même si l’apparence du pain a disparu. Si les morceaux n’atteignent pas un kezayit, même s’ils semblent garder l’apparence du pain, on ne récite que « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois. S’ils ne sont pas cuits, mais seulement agglomérés par du miel ou du bouillon, et qu’il y a des morceaux d’au moins un kezayit, on récite Hamotsi, même s’ils n’ont plus l’apparence du pain. Si les morceaux n’atteignent pas un kezayit mais gardent l’apparence du pain, c’est-à-dire que l’on reconnaît clairement qu’il s’agit de pain, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone ; s’ils n’en gardent pas l’apparence, on récite « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois. Si le pain n’est ni cuit dans un liquide ni aggloméré, mais seulement réduit en très petites miettes, même si les morceaux n’atteignent pas un kezayit et n’ont plus l’apparence du pain, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone. Renvoi intercalé : voir plus loin, §184, pour la quantité à manger afin de réciter le Birkat Hamazone.
168:11 · Proposition
Maran : Certains disent que, si l’on met des miettes dans l’eau et que l’eau blanchit à cause d’elles, l’apparence du pain disparaît — incise explicative : le terme « tourita » est à entendre comme si l’on avait dit « to’arita », c’est-à-dire l’apparence du pain. On ne récite alors que « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois.
168:12 · Proposition
Maran : Certains disent que, sur du pain trempé dans du vin — précision intercalée du Rema : rouge [Mordekhaï] —, on ne récite que « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois. Il semble que ces propos ne concernent que des miettes ou des morceaux dont aucun n’atteint un kezayit.
168:13 · Proposition
Maran : Même un produit dont la pâte est épaisse — incise explicative : mélange de farine et d’eau pétri —, si on l’a fait cuire dans un liquide ou frire, ne reçoit pas la bénédiction Hamotsi, même s’il garde l’apparence du pain et même si la pâte avait été assujettie au prélèvement de la ‘halla : la bénédiction Hamotsi dépend de l’état au moment de la cuisson. D’autres ne sont pas d’accord : selon eux, toute pâte initialement épaisse, même si on l’a ensuite assouplie avec de l’eau pour en faire des soufganin — incise explicative : pâte pétrie et façonnée comme une éponge —, puis cuite à l’eau ou frite à l’huile, reçoit Hamotsi. Rema, courte glose : On a coutume de suivre l’avis indulgent. Maran : Celui qui craint le Ciel satisfera aux deux avis : il n’en mangera qu’après avoir récité auparavant la bénédiction sur un autre pain. Rema : Tout cela ne concerne qu’un produit qui garde après cuisson l’apparence du pain [formulation du Tour et des décisionnaires]. S’il ne l’a pas, comme les « lokchin », appelés en langue étrangère « vermizlikh », tous s’accordent à ne réciter sur eux ni Hamotsi ni les trois bénédictions, car ils ne sont pas appelés pain. En revanche, la pachtida et les kreplekh ont l’apparence du pain [Mordekhaï, chapitre Kol chaa] ; on n’en mangera qu’après avoir récité la bénédiction sur un autre pain. Tout cela ne concerne qu’une pâte qui ne contient pas d’huile, de miel ou de produit semblable, mais qui est frite dedans. Si elle a été pétrie avec ces ingrédients, sa règle a déjà été expliquée à propos de la pat haba’a bekhisnin.
168:14 · Proposition
Maran : Un ‘halout — incise explicative : une sorte de pain ébouillanté — que l’on a ensuite cuit au four est du pain à part entière ; on y récite Hamotsi. Rema : De même, un produit dont la pâte est fluide, mais que l’on a cuit au four sans liquide, a le statut de pain : on y récite Hamotsi et les trois bénédictions. Il en va de même s’il a cuit dans un récipient de cuisson sans liquide [Roch et Ran, chapitre Kol chaa ; Rambam, chapitre 6 des lois de la ‘halla ; Cheïltot ; Tour]. La petite quantité de liquide dont on enduit le récipient pour que la pâte ne brûle pas n’est pas considérée comme un liquide de cuisson [Hagahot Maïmoniyot, chapitre 3 des lois des bénédictions]. En revanche, un produit de pâte fluide que l’on a fait frire dans un liquide n’est du pain selon aucun des avis [Tossafot ; Roch ; Ran ; הר״י, sigle conservé, chapitre Keitsad mevarekhin].
168:15 · Proposition
Maran : Pour les trouknin — on fait un creux dans le foyer, on y met de la farine mélangée à de l’eau et cela y cuit —, on récite « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois. Si l’on en fait son repas, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone. En revanche, la trita — farine et eau mélangées que l’on verse sur le foyer, où le mélange s’étale et cuit — n’a aucunement le statut de pain. On ne récite sur elle que « Boré miné mezonot » et une bénédiction résumant les trois, même si l’on en fait son repas.
168:16 · Proposition
Maran : Sur le nahama dehindeka, pain que l’on cuit à la broche et que l’on enduit d’huile ou de liquide d’œufs, ainsi que sur le pain destiné au kouta‘h, que l’on ne cuit pas au four mais au soleil, on récite « Boré miné mezonot ».
168:17 · Proposition
Maran : Sur une pachtida cuite au four avec de la viande, du poisson ou du fromage, on récite Hamotsi et le Birkat Hamazone. Rema : Cela vaut précisément lorsqu’on l’a cuite au four sans liquide. Si on l’a cuite dans une poêle avec du liquide, on ne récitera pas sur elle [Hamotsi : objet de la bénédiction restitué d’après le contexte] ; on ne la mangera qu’au cours du repas, comme cela a été expliqué [opinion propre de l’auteur ; de même dans ש״ל, sigle conservé].